L'équipe forte de 17 personnes est arrivée en 2 temps sur l'île de nouvelle-Bretagne.
Aussitôt sur place, le premier groupe s'est divisé pour plus
d'efficacité dans la phase préparatoire.
- Gérard C. et Raphi S. sont directement partis sur Kimbé récupérer
le matériel stocké l'an dernier. Ils l'on ensuite acheminé
sur le village de Bairaman par avion.
- Le gros de l'équipe est monté au nord, sur Rabaul-Kokopo afin
de prendre contact avec les autorités locales, de décider de
la stratégie avec le pilote de l'hélico et de négocier
un hébergement pouvant accueillir l'équipe et le matériel.
Pendant que certains s'approvisionnent en vivres et en matériels pour
les 4 semaines à passer en forêt, Bernard T, Olivier G, Alfredo
M et Jean-Marc H. embarquent le samedi 19 au matin dans l'hélico avec
le strict minimum direction les hauts plateaux de la Bairaman. Leur objectif
est de rejoindre le point choisi pour l'installation du camp de base, sur
les bords du plateau et de préparer une DZ pour l'arrivée des
suivants (voir
encart 1).
Dès que vivres et matériels ont été achetés,
pesés et numérotés sur Kokopo, Marcin et Tomeck vont
acheminer le tout sur Bairaman par bateau.
En même temps, l'équipe sentier, Enrique O, Steph M et Franck
B. rejoint le village de Maïto à 6 h de marche de Bairaman et
commence la taille pour atteindre les coordonnées du camp de base.
La communication est une condition indispensable à la réussite de l'expé, pour cela les différentes équipes sont en relation par téléphone satellite et par des talkies particulièrement puissants (contact 5/5 entre le plateau et le bord de mer à plus de 25 km).
Le premier
contact avec la montagne nous a réservé une surprise de taille,
ici, comme sur la Galowé, la forêt primaire a été
détruite par le cyclone de 97. Les déplacements vont donc devenir
la difficulté majeure de l'expédition (voir
encart 2).
Effectivement après 4 jours d'une taille difficile, l'équipe du
sentier est encore très loin du camp. Afin de gagner un temps précieux,
nous décidons alors d'héliporter toute l'équipe et le matériel
. En une journée, en jonglant avec le mauvais temps depuis l'aube, nous
serons tous au camp avec 7 rotations d'hélico.
Grâce à l'efficacité des premiers arrivés, aux jalons
posés par les nombreuses expé précédentes mais aussi
grâce à la chance (nous n'avons perdu aucun bagage lors du voyage);
3 jours après son départ de Toulouse, la seconde partie de l'équipe
était à Bairaman pour l'héliportage, du jamais vu !
Après
3 jours passés à construire un camp digne de ce nom, les choses
sérieuse commencent vraiment. Par petits groupes, nous taillons en direction
des objectifs pointés en 2000, des anomalies topographiques de nos cartes
au 100 000ème, mais aussi vers toute les dépressions que nous
trouvons sur notre route.
Ainsi nous avons prospecté le talweg le plus marqué du plateau
sur 6 Km.
Atteint le pt n° 10, n°9, n°11, n°5 et nous sommes allés
dans les grosses dolines à 2 km du pt n°7. Nous avons trouvé
beaucoup de pertes obstruées par des éboulis; les points repérés
que nous avons pu atteindre se sont tous révélés décevants.
Seule la prospection systématique a donné quelques résultats
:
o Le talweg a livré 6 entrées dont 3 donnant sur des réseaux
importants.
o La zone du pt 7, 2 gouffres majeurs.
Nous n'avons pu dépasser la côte des - 250 m, dans chaque cavité, siphon et trémie nous ont systématiquement fait obstacle. Seule exception au tableau, Waran exploré au cours des tous derniers jours et arrêt sur rien vers - 220 m. Cette cavité reste à revoir mais la situation de l'entrée et la configuration des galeries font que les crues sont un risque extrêmement important à prendre en compte.
10 jours après notre largage sur le massif, nous avons eu l'heureuse surprise de voir arriver 8 papous du village de Maito (voir encart 3). Six d'entre eux resteront avec nous jusqu'a la fin, leur aide à la machette et au portage nous a grandement facilité la tâche sur les derniers jours.
Sur le plan médical, même si nous avons tous eu quelques petits soucis, coupures et autres plaies, nous n'avons heureusement pas eu de problèmes graves a gérer. Les plus importants ont été une coupure profonde à la main, un ulcère tropical au bras, une infection à l'il, de fortes douleurs lombaires et un début d'infection généralisée en fin de séjour. Notre assistance par les équipes du SAMU 31 via satellite s'est révélé efficace et adaptée ce type d'expédition (anecdote SAMU).
En conclusion, Nous avons eu la chance d'être les premiers a mettre les pieds sur ce massif des monts Nakanaï. Nous avons a peine levé le voile sur son potentiel d'exploration. Les suivants, dont certains d'entre-nous ferons parti un jour j'en suis sûr, auront à poursuivre ce travail de longue haleine qu'est l'exploration spéléologique.