SOMMAIRE
 

 

 

 

 

 

 

 

 


·    Introduction

p.2

·    Participants

 

p.4

·    Compte-rendu journalier

p.5

·    Sulawesi, Sulawesi tengah

 

p.11

·    Renseignements pratiques sur le pays

 

p.13

·    Liste du matériel emporté

 

p.14

·    Pharmacie

p.16

·    Résultats spéléos

p.17

 

·    Sur Pulau Peling

p.18

 

·    Autour de Luwuk et de Balangtak

p.29

·    Bibliographie

p.35

 

 


 

 

 

 

Voici venu le temps des rapports. Je commencerais par dire que tout ne s’est pas déroulé comme nous l’avions prévu. Dès notre arrivée à l’aéroport de Manado, au nord de l’île de Sulawesi, un bagage manquait à l’appel. Après renseignements, la responsable qui était déjà prévenue nous assure que notre sac sera là dès l’arrivée du prochain vol en provenance de Singapour, c’est à dire dans trois jours. Cela commençait bien !

Ensuite, chaque fois que l’on demandait le meilleur moyen de se rendre sur Halmahera, on nous répondait invariablement que l’on ne pouvait pas aller là-bas, que c’était beaucoup trop dangereux, que les gens s’y battaient.

Nous étions très motivés pour ne pas gâcher notre expé, on répondait donc que ce n’était pas grave, que nous nous pourrions y aller sans danger. C’était en fait très grave, tous les bateaux en partance pour Ternate, centre de communication le plus proche de Halmahera, étaient annulés ; tous les commerçants ont fuit sur Sulawesi ; les gens se réfugiaient dans les bâtiments de police. Musulmans et chrétiens se battaient dans la rue, il y a eu 8 morts le jour où nous sommes arrivés et un article du Monde daté du 31.12.99 annonce, selon un porte-parole militaire, 255 morts, 127 blessés graves et 78 légers sur Halmahera même.

Nous avions trois jours pour trouver un nouvel objectif, spéléologique si possible !

Par chance et surtout par Internet, nous avons réussit à joindre Louis Deharveng et Anne Bedos, bio-spéléos biens connus et grands spécialistes de l’Asie s’il en est. Leurs informations précieuses nous ont permis de nous réorienter vers la région karstique de Luwuk, en Sulawesi centre.

Nous avons connu d’autres petits soucis comme la destruction de notre G.P.S tout neuf –trop fragile ces choses là- et le blocage du compteur de la boite topo mais nous avons tout de même pu aller sous terre ce qui n’est déjà pas si mal !

 

Les résultats spéléo sont loin d’être exceptionnels mais nous avons fait un important travail de prospection sur le massif de Luwuk et sur la partie Est de l’île Peling. Toutes les résurgences majeures que nous avons pu voir sont impénétrables, elles étaient noyées, trop étroites ou le niveau d’eau était trop important. Pénétrer plus en avant sur le massif demandera un repérage préliminaire par avion ou par photos satellite afin de déterminer un objectif précis. Malgré toutes nos recherches, nous n’avons trouvé personne capable de nous informer sur les sommets du massif et partir au petit bonheur est trop aléatoire quant aux résultats.

 

Cette année nous avons eu la chance de rencontrer Holid, un jeune Indonésien, qui a eu la gentillesse de nous accompagner une vingtaine de jours. Grâce à lui la logistique est devenue tellement plus simple, dommage qu’il n’ait pas pu rester avec nous jusqu’à la fin !

Il nous a permis entre autres d’explorer deux belles pertes sur l’île de Peling. Il a longtemps hésité entre curiosité et peur à propos du milieu souterrain. Finalement la curiosité l’a emporté et nous l’avons emmené lors de l’exploration de Pondoboï. Ce fut un grand moment pour tous, surtout pour lui. Il est des choses comme cela que l’on n’oublie pas !

 

Nous avons visité de nombreux trous insignifiants, nous avons fait une spécialité des traversées entre blocs mais nous avons ramené plus de trois kilomètres de première. Mc Nab et Smart qui ont visité la même zone en 1995 n’ont pas été aussi heureux.

 

P.S : la poisse continue, le sac à dos de Flo n’est pas encore arrivé, nous avons reçu un appel de l’aéroport le 5 janvier il devrait arriver. L’appareil photo de Nico a eu des ratés, toutes les photos qu’il avait prises sous terre sont inexploitables !

 

 


 

 

 

Les Participants
 

 

 

 

 

 


Jean-Marc HONIAT et Béatrice BUGAT

3, route de Villeneuve 09800 ARGEIN

 

Philippe BENCE et Florence GUILLOT

Ecole de Norgeat 09400 MIGLOS

 

Nicolas CLEMENT

Ritou Bernède 09320 MASSAT

 

Cholid MATORANG

Hanga-Hanga, kecamatan Luwuk, Sulawesi Tengah, Indonésie.

Adresse de correspondance : CHOLID MATORANG, P.A. Hudaya Matorang, Jalan Cokroaminoto, n°7 – LUWUK, Kab. Bannggaï, Sulawesi Tengah, Indonésia.

 

 


 

COMPTE-RENDU JOURNALIER
 

 

 

 

 


Vendredi 5 novembre

Départ de Paris à 12h pour Singapour.

 

Samedi 6 novembre

Arrivée à Singapour à 7h 30 heure locale (7h de décalage horaire) après 12h30 d’avion. Correspondance pour Manado à 10h. Arrivée à 13h 30 à Manado (nord-est de Sulawesi). Première surprise, il manque le sac de Nico : il est resté dans un container de la compagnie à Singapour.

Arrivée à Bitung à 16h (un port à l’est de Manado) par taxi pour prendre le bateau de manière à rejoindre l’île d’Halmahera via Ternate. Nuit en hôtel à Bitung.

 

Dimanche 7 novembre

Prises d’informations sur les moyens de se rendre sur l’île d’Halmahera. Nous apprenons l’existence de combats à Ternate entre extrémistes chrétiens et musulmans. Or les bateaux pour Halmahera passent par Ternate. Nuit à Bitung.

 

Lundi 8 novembre

Recherches d’informations sur les événements de Ternate et les moyens d’atteindre Halmahera.

Tous les bateaux sur Ternate sont annulés. Nous ne pouvons pas aller comme prévu sur l’île d’Hamahera. Nous contactons Louis Deharveng à Toulouse pour trouver une zone karstique de remplacement dans la région. Nuit toujours à Bitung.

 

Mardi 9 novembre

Retour à Manado à l’hôtel Le Smiling. Récupération à l’aéroport du dernier sac. Louis Deharveng nous transmet, via Internet, des renseignements sur les zones calcaires vierge en Sulawesi centre. Recherches des moyens pour se rendre en Sulawesi centre. Nuit à Manado.

 

Mercredi 10 novembre

Départ de Manado en taxi à 9h. Arrivée à Gorontalo (port situé au centre de Sulawesi Nord) à 18h. Nuit dans les locaux d’embarquement de ferry.

 

Jeudi 11 novembre

Journée à attendre le bateau dans le terminal de Gorontalo. Recherches d’informations sur les grottes proches de Luwuk. Embarquement dans le ferry à 22h pour Pagimana.

 

Vendredi 12 novembre

Arrivée à Pagimana à 8h. Pagimana est un port au nord-est de Sulawesi centre. Nous atteignons Luwuk par taxi à 9h30. Luwuk est une ville sur la côte sud-est de Sulawesi centre en face des îles Peling. Recherches d’informations sur les grottes du secteur. Reconnaissance jusqu'à la centrale électrique de Hanga-Hanga. Nous visitons deux cavités de 10 à 15 mètres de développement.

 

Samedi 13 novembre

Jean-Marc, Béa et Flo visitent et relèvent le croquis de :

-          Salodik Gua (250 m de développement) à coté du village de Salodik ;

-          Mandian Gua (20 m de développement pour 10 m de profondeur) à deux km de Salodik ;

-          Lenyek Gua (100 m de développement avec des milliers de chauves-souris et tas de guano démesurés) à six km de Salodik.

Aucune de ces grottes n’est active. A proximité de Salodik, il ne restera -à priori- qu’une grotte à voir de l’autre coté de la rivière en face de Mandian Gua. Vu sa situation, ce n’est certainement pas une résurgence. Gua signifie grotte en indonésien.

Phil et Nico montent au-dessus de Luwuk à hanga-hanga guidés par trois personnes. Une heure de marche et 200 m environ de dénivelé à partir de la centrale électrique. Visite et réalisation de croquis de deux cavités (même réseau) distante d’une centaine de mètres : Matanyo « actif » (20 m de long) et Matanyo « fossile » (10 m de long pour 4 m de profondeur). Les coordonnées de la cabane proche des deux cavités ont été relevées au GPS.

Visite du captage d’eau de Mangkio alimentant la ville de Luwuk : cavité en béton alimentée par un siphon. Pointage GPS.

Recherches d’informations sur les cavités : pertes et résurgences à voir.

 

Dimanche 14 novembre

Jean-Marc, Béa et Flo visitent et relèvent le croquis de Gua Wira : grandes salles avec des milliers de chauves-souris et du guano partout.

Repérage d’une résurgence impénétrable (moins de 10 l/s) à quelques kilomètres de Bantayan (30 km à l’est de Luwuk).

Phil, Nico et Holid (indonésien de 30 ans rencontré par hasard qui va se joindre à l’expé pendant plusieurs jours).

Montée sur le massif de Tontoan au-dessus de Luwuk. Pointage GPS de la perte-lac de Liyon. Départ pour chercher Enggana,  la résurgence supposée de la belle rivière de Simpong.  4 bonnes heures de marche depuis Luwuk dont une partie en forêt à la machette pour arriver devant une entrée crachant de l’eau de tous les côtés. Les pluies quotidiennes à cette époque rendent cette grotte impénétrable, les crues sont trop importantes.

 

Lundi 15 novembre

Jean-Marc, Béa et Flo recherchent des informations avec Yani dans deux villages : Nambon et Solan.

Phil, Holid et Nico visitent la résurgence de Keles (longueur 15 m) au-dessus de Luwuk. Elle est pénétrable sur une quinzaine de mètres, après l’étroitesse de la galerie, le niveau d’eau et les blocs coincés bloquent définitivement le passage. Remontée pendant ½ h du ruisseau (à sec) de Soho au-dessus de la résurgence sans résultats. Le GPS neuf a rendu l’âme.

 

Mardi 16 novembre

Jean-Marc, Béa, Flo, Phil et Nico montent sur le plateau de Keles. Nous n’avons pas trouvé le trou indiqué la veille.

Nous quittons Luwuk avec Holid à 22 h par bateau pour l’île Peleng.

 

Mercredi 17 novembre

Arrivée à 3h à Salakan (île Peleng). Nous rejoignons le village de Mansamat par taxi à 5h. Nous sommes hébergés chez Nani (la belle sœur à Holid). Béa, Phil et Flo se reposent.

Jean-Marc, Holid et Nico guidés par le beau-frère de Holid montent sur le plateau de Lipu pour chercher la perte de Pondoboi (altitude 200 m environ). La marche et la recherche nous ont pris 4 heures. En fait la perte se situe dans le jardin de Pondoboi à 1h 45 de marche de Mansamat. Jean-Marc et Nico explorent la perte jusqu'à - 90 mètres environ. Arrêt en haut d’un P15.

 

Jeudi 18 novembre

Jean-Marc et Béa quittent l’équipe pour aller faire du tourisme.

Flo se repose.

Phil, Holid et Nico montent sur le massif de Lipu voir Sasam-Pean une nouvelle perte indiquée par les villageois. Assuré par Nico, Phil descend le P7 d’entrée et après un R3, il s’arrête en haut d’un puits de 10 mètres. Nous avons maintenant deux cavités en cours d’explo !

Marche sur le massif guidé par des locaux. Exploration et réalisation du croquis de Gua Popisi (30 m de long : arrêt sur étroiture à chauves-souris). La grotte se trouve proche du village de Lesan en bordure d’une rivière.

Anecdotes du jour :

- Info médicale locale : en cas de mal au ventre, appliquer du pétrole de lampe sur le nombril.

-          Un indonésien veut nous emmener à une grotte qu’il connaît. Après plusieurs minutes de recherches infructueuses, il nous annonce que nous verrons la grotte que si nous y croyons vraiment. Nous n’avons pas du y croire assez fort, car nous n’avons rien trouvé...

 

Vendredi 19 novembre

Lever 6h. Les fortes pluies jusqu'à 9h retardent notre départ à 10h.

Phil, Flo et Nico explorent et topographient la perte de Sasam-Pean (altitude 200 m environ). Les pluies du matin ont formé un beau ruisseau qui se jette dans le P 7. C’est agréable de faire de la spéléo dans de l’eau chaude !

Après le passage d’un boyau faisant voûte mouillante qui livrera le passage d’une galerie affluente et la désobstruction d’une galerie, nous nous arrêterons dix mètres au-dessus d’une grande galerie qui nous fera rêver jusqu’au lendemain.

TPST : 4h. Le développement est d’environ 250 m.

Animaux rencontrés : crabes, criquets, serpent de 2 m de long.

 

Samedi 20 novembre

Visite du marché de Mansamat entre 6h et 7h.

Phil, Flo et Nico poursuivent l’exploration et la topographie de Sasam-Pean. Après la descente du P10 et le passage d’une trémie de gros blocs,  nous rejoignons un joli petit collecteur au parcours agrémenté de petits ressauts. Arrêt sur siphon. En remontant, Phil trouve l’arrivée d’un affluent que l’on remontera jusqu'à une grande salle colmatée par une coulée stalagmitique. L’escalade de l’amont de la grande galerie n’a rien donné.

TPST : 5h30. Développement total 600 m environ pour 90 m de profondeur.

 

Dimanche 21 novembre

Phil repose son genou et son pied.

Flo, Holid et Nico recherche sans résultat la grotte de Olu. Nous avons attendu plusieurs heures « l’Homme qui connaît » en vain.

Croyance locale : lorsque les animaux vivent vieux, ils ont un diamant lumineux qui pousse sur le front.

 

Lundi 22 novembre

Phil, Flo, Holid et Nico explorent et topographient la perte de Pondoboi. Joli réseau actif concrétionné. Obstacles : R5, voûte mouillante, P10. Environ 500 m de développement et 130 m de profondeur. Arrêt sur siphon. Animaux rencontrés : crabes, criquets, serpents de 2 m de long. Il semblerait que les serpents stationnent dans les étroitures pour attraper les chauves-souris.

Nous avons initié Holid à la spéléo, il se souviendra longtemps des étroitures et des puits !

Croyance locale : Selon une partie de la population locale nous explorons les cavités pour trois raisons essentielles :

-          pour poser des bombes au fond des trous,

-          pour repérer les endroits où les locaux pourraient se cacher en cas de conflit entre la France et l’Indonésie !

-          pour récupérer des choses précieuses.

 

Mardi 23 novembre

Nous quittons Mansamat et la maison de Nani où nous avons été accueillis de manière remarquable pour la modique somme de 20f/j pour 3 personnes.

Nous embarquons à 8h30 sur une pirogue à moteur pour rejoindre Liang (à l’ouest de Mansamat toujours sur l’île Peleng).

Installation chez l’habitant pour le même tarif. A la demande du chef du village (kepala desa) nous informons la police de notre présence. Elle assurera notre sécurité (sic).

Les guides locaux imposés nous emmènent à la grotte de Pentu à proximité de Liang.

Après avoir fouillé chaque recoin de la cavité, nous découvrons des galeries inconnues des jeunes qui nous accompagnent. Topographie de la cavité (280 m de développement). Nous avons été suivis par cinq jeunes du village dans les parties « nouvelles » de la grotte.

Nous avons collecté des informations sur trois cavités proche des villages de Vasosol et Apal.

Anecdote du jour : Phil s’est rendu chez le médecin d’Etat du village pour une mycose au pied. La consultation et les médicaments ont coûté 1F50. Le traitement a parfaitement soigné Phil.

 

Mercredi 24 novembre

7h : Phil, Flo, Holid et Nico se rendent par bus au village de Basosol (une dizaine de kilomètres de Liang). Nous nous sommes rendus à la mata-air de Basosol. Une mata-air est le mot indonésien pour résurgence, la traduction littérale en est « l’œil d’eau ». Contrairement à nos indications c’est juste un orifice noyé sous un arbre : pas de cavité.

Montée à pied par sentier au village de Sempe-Conan. Malgré les informations de la veille, les villageois nous disent qu’il n’y a aucune grotte dans le secteur. Le manque total de précision chez les Indonésiens est difficile à accepter pour les pauvres européens que nous sommes !

Bel accueil de la population. Nous avons rencontré le chef du village qui s’est présenté comme étant le prophète de l’Indonésie, c’est un vieux monsieur qui a passé plus de 15 années de sa vie en prison pour ses convictions religieuses.

Sa mission quasi-divine était d’enseigner la tolérance, l’amour et le respect d’autrui aux villageois. D’un autre côté, il impose sa loi de manière très stricte : alcool et cigarettes interdits, port du tchador obligatoire pour les femmes.

Redescente à Basosol.

Phil rentre à Liang.

Flo, Holid et Nico descendent au village de Pal. Exploration et réalisation de croquis de deux cavités proches de Pal : Tatangkolok (environ 25 m de long) et Luyang (environ 40 m de long). Nous avons pris rendez-vous le lendemain à 7 h pour d’autres cavités. Retour à Liang à pied.

Remarque : la population ne connaît pas le milieu souterrain, les gens ont très peur des gros serpents qu’ils pensent trouver dans les grottes. Il est donc très difficile de se faire emmener jusqu’à une cavité. En fait, on nous indique le moindre orifice dans du rocher. Les rares personnes qui nous ont indiqués de véritables grottes –et encore !- sont les chercheurs de nids d’hirondelles.

 

Jeudi 25 novembre

Lever 5h 30. Attente du bus en vain. Nous partons (Phil, Flo, Holid et Nico) finalement à 10h 15 par camion benne pour Pal. Exploration et croquis de deux cavités: Balantak (40 m de long) et Leng (70 m de long). Phil retombe à chaque fois sur un minuscule actif qui devient vite impénétrable. La morphologie est identique avec les deux cavités de la veille. Les quatre cavités sont dans un même axe et ne pénètrent pas. La zone n’est pas intéressante, il n’y a pas de gradient hydraulique.

 

Vendredi 26 novembre

Départ de Liang à 6h pour Alakasing. Le chef du village nous a accueillis chez lui. Flo se dévoue pour garder les sacs de l’équipe.

A 8h, Phil, Holid et Nico accompagnés par deux guides du village montent (45 mn de marche) à la grotte (résurgence) de Timbolongan qui se situe dans le secteur de Batu-Bembé. La cavité est connue sur 100 mètres par les deux guides. En effet au bout d’une centaine de mètres la galerie butte sur un siphon, en s'allongeant dedans, Phil se rend compte qu’il est ponctuel, moins de un mètre cinquante. Il le passe et par une longue succession de voûtes basses, il remonte le collecteur jusqu’à la perte du cours d’eau, il explore ensuite un affluent étroit qui retombe sur un second actif, moins important et rapidement impénétrable.

Exploration, topographie, et croquis de la cavité

La cavité développe environ 300 mètres de long. La topo est approximative, le compteur de la boîte topo nous a lâchement abandonnés lors de cette sortie !

Retour au village à 12h et repas chez le kepala desa. Nous prenons un bus à 13h 15 pour Salakan (arrivée à 14h). Phil garde les sacs.

Flo, Holid et Nico se rendent à  Pode-Sompuloi située à 2 km de Salakan, proche du village de Paisu-Bone. La cavité en bord de mer, de 3 mètres de long, bute sur un siphon d’eau douce.

Embarquement pour Luwuk à 17h 30. Départ du bateau à 22h.

Anecdote du jour : nous avons vu une série de photos surprenantes prises la semaine précédente dans l’île en face de Salakan :

                Photo n°1 : un python de 7 m de long avec une boursouflure au niveau de l’abdomen,

                Photo n°2 : dépeçage du python par des indonésiens,

                Photo n°3 : le python ouvert en deux avec un homme d’une cinquantaine d’année en short et tee-shirt parfaitement conservé (bien que légèrement attaqué par les sucs digestifs !)

Déroulement des faits : l’Indonésien s’est fait attaquer par le serpent. Il a été étouffé puis ingurgité. Quelques heures après, le python a été tué pendant qu’il dormait (digestion).

 

Samedi 27 novembre

Arrivée à Luwuk vers 4h. A contrecœur, Holid nous quitte pour rejoindre sa famille et reprendre son travail. Au petit matin nous achetons du carbure et un double-décamètre pour remplacer le compteur de la boite topo. Nous attendons du bus pour Lamala Kota jusqu’à 10h30 et nous devrons annuler le départ pour cause de gastro –maladie incompatible avec de longs trajets !

De retour à l’hôtel Dynastie nous retrouvons par chance Jean-Marc et Béa. Nous mangerons ensemble le soir au Maleo Cottage. Jean-Marc et Béa restent sur place jusqu’au départ de leur avion.

Dimanche 28 novembre

Départ de Luwuk à 9h par bus pour Lamala Kota (arrivée à la guest house à 11h). Nous partons pour la grotte de Kantala, proche du village de Poroan, nous sommes accompagnés par le chef du village. En arrivant après quelques kilomètres de marche, une cinquantaine d’enfants et d’adolescents nous entourent. Nous sommes devant une belle vasque d’eau douce en bord de mer dans laquelle les enfants adorent se baigner. La grotte est une centaine de mètre au-dessus, elle se compose d’une salle circulaire de 10 mètres de diamètre.

Anecdote du jour : nous avons démystifié la grotte. En effet personne ne voulait y rentrer, en particulier le kepala desa, puis nous y sommes retournés avec une dizaine d’adolescents heureux d’être rentrés sous terre.

 

Lundi 29 novembre

Départ à 5h 30 pour une cavité proche de Ranga-Ranga. Nous attendons un taxi vide pendant 3h, puis nous partons à pieds pour finir par camion jusqu’à Ranga-Ranga. La cavité indiquée la veille n’est pas connue des habitants. Seule Gua Wira (déjà visitée par une partie de l’équipe le 14 novembre) est connue.

Retour à Lamala Kota à 13h. Départ du village à 15h grâce à un gars sympa qui nous emmène gratuitement à Balangtak (Est de Sulawesi centre). Un de ses ami nous assure connaître une grotte de 4 kilomètres de long en montagne au-dessus de son village. Nous sommes très sceptiques mais nous donnerions cher pour qu’il dise vrai ! rendez-vous est pris pour le lendemain avec lui afin d’aller voir.

 

Mardi 30 novembre

Lever 6h. attente de notre guide et des motos qui doivent nous amener  jusqu’à 8h30. Ils arrivent enfin et nous portent au village de Sulu Bombong (25 km de Balangtak).

A un kilomètre de là, en bordure de route, ils nous montrent l’entrée de la cavité. Nous y croyons maintenant beaucoup moins !

En fait Philippe fera une superbe traversée de 40 mètres sous la route entre des blocs.

Nous visitons et relevons le croquis de Gua Limbonga. Une jolie doline de 40 mètres de profondeur. Nous pénétrons d’une vingtaine de mètres sous terre en fond de doline à plusieurs endroits pour buter sur un siphon. La dépression se situe à deux kilomètres au-dessus de Sulu Bombong.

Retour à Balangtak. Deuxième nuit sur place.

 

Mercredi 1er décembre

Départ à 7h par taxi, pour arriver à Bantayan (30 km à l’est de Luwuk) à 10h. Flo garde les sacs.

Phil et Nico se rendent à la grotte de Boco-Boco à 4 km au pied du massif. Ce n’est pas une cavité mais un passage de 6 mètres de long entre les blocs. Retour vers 12h et installation chez l’habitant pour récupérer des informations sur les pertes se trouvant en altitude et passer la nuit. D’après un vieux monsieur ayant longtemps travaillé en forêt, aucune grotte n’est pénétrable par l’homme sur le massif.

Nous décidons de partir dès le lendemain et de changer de zone.

 

Jeudi 2 décembre

Départ de Bantayan à 7h pour Luwuk. Attente correspondance pour Poso de 9h à 13h. Arrivée à Poso ( centre de Sulawesi) après 10h30 de bus inconfortable.

Anecdote du jour : Les ponts couverts ne sont pas toujours assez hauts pour laisser passer les bus. Donc on franchit la rivière en passant dans l’eau et en fermant les portes pour éviter trop de remontée d’eau dans le bus. On prie pour ne pas rester bloqué au milieu de la rivière !

 

Vendredi 3 décembre

Lever 8h. Renseignements sur les moyens de retour sur Manado. Départ de Poso par taxi pour Tentena (arrivée à 12h 45). Tentena se situe au centre de Sulawesi en bordure du lac Poso. Installation à l’hôtel et renseignements sur les cavités de la région.

 

Samedi 4 décembre

Départ à 7h 30 par camion benne pour la grotte de Kamporesa. Visite de la cavité : traversée active de 40 m entre gros blocs sous la route, nous nous spécialisons dans ce type de traversées !

Nous allons au village de Poleganyara (36 km de Tentena sur la route de Pindolo) pour recherches d’informations sur la grotte de Pendega. Nous sommes accueillis par le Kepaladesa qui nous hébergera à partir du lendemain. Le rendez-vous est pris pour le 6 décembre avec un guide.

Retour à Tentena à 15h par bus.

 

Dimanche 5 décembre

Lever 7h. Attente au terminal de 8h 45 à 13h 30, les bus ne sont pas nombreux le dimanche. Il nous faudra affréter un charter. Arrivée à Poleganyara vers 15h par taxi. Installation chez le chef du village.

 

Lundi 6 décembre

Départ 6h 30 avec notre guide de 73 ans et un enfant. Trois heures de marche sur le massif à l’ouest de Poleganyara. pour atteindre la « grotte » : encore un porche sous un gros bloc. Quelques crânes humains se trouvent dans le porche. Retour à 13h.

Le guide n’était pas très correct : il nous a menti quand à l’existence et à la description de la cavité pour nous faire payer ses services. De plus, il a profité de notre ballade pour récolter des nids d’hirondelles, activité très lucrative dans ce pays –un nid se vend l’équivalent de cent francs français.

Nous décidons d’arrêter nos recherches spéléo aujourd’hui et nous nous débarrassons du matériel superflu. Après un mois d’activité consacré à la recherche de grotte, nous allons visiter les jolis coins du nord de l’île.

Seconde nuit à Poleganyara.

 

Mardi 7 décembre

Départ à 6h 30 par taxi pour Poso (arrivée à 10h). Attente jusqu’à 13h 30 le bus pour Manado.  800 kilomètres d’une traite dans un bus inconfortable nous attendent. Bus de 30 places avec petits sièges non inclinables, pas de climatisation, pot d’échappement troué, musique à fond, sacs de riz avec passagers dans l’allée centrale. Panne de gasoil à 20 km de Manado. Le voyage épique a duré 25 heures.

 

Mercredi 8 décembre

Arrivée à Manado à 14h 30. Installation à l’hôtel le Smiling. Nous rencontrons un Suisse allemand qui n’a de Suisse que le passeport, il voyage en effet depuis 22 ans ! quasi exclusivement en Asie pour la gentillesse des gens et le coût peu élevé de la vie.

 

Jeudi 9 décembre

Matin : repos et ballade dans la ville de Manado.

Embarquement à 13h 30 pour l’île de Bunaken (au nord de Manado). Installation à l’hôtel M.C. vers 14h 30. Nous sommes dans un coin réputé pour la plongée. La clientèle - 9 personnes, la foule ! - est exclusivement occidentale. La pension complète (avec repas excellents) s’élève à 30 F/J/personne, hors de prix !

 

Vendredi 10 décembre

Repos, ballade, baignade, bouffe, etc.…Bref on a la vie dure…

 

Samedi 11 décembre

Repos, ballade, baignade, bouffe, etc.…Nous avons initié Nico aux joies du snorkelling dans un des sites les plus réputés pour la qualité de son corail.

 

Dimanche 12 décembre

Repos, ballade, baignade, plongée, bouffe, etc.…Nous sommes toujours à l’hôtel M.C.

 

Lundi 13 décembre

Départ de l’île de Bunaken à 8h30 après 1h 30 d’attente pour cause de mer agitée. Débarquement à Wori et non à Manado pour la même raison. Nous rejoignons Manado (15 km) par taxi.

Nous nous rendons à Tomohon (20 km au sud de Manado). Installation à l’hôtel Happy Flower : l’hôtel incontournable pour les travellers. Visite d’une fabrique de maison indonésienne en bois pouvant être livrée partout dans le monde.

 

Mardi 14 décembre

Matinée : visite du marché de Tomohon. Marché très sympa et très achalandé : rats, chauve-souris, chiens…on trouve de tout !

Après-midi : marche jusqu’au sommet du volcan Mahawu avec quatre occidentaux rencontrés à l’hôtel. Au fond du cratère se trouve un lac vert avec du souffre et des fumées.

Au repas du soir, à défaut de chauves-souris, nous avons mangé du rat, enfin nous avons à peine touché à l’assiette ! personne n’a vraiment apprécié.

 

Mercredi 15 décembre

Nous partons vers 10 heures pour un « circuit touristique ». Nous allons voir successivement le lac sulfureux de Linow, les cascades de Tincep (Tincep Waterfall), la source d’eau chaude de Langowan et le lac de Tondano. Repas excellent au Danau Tondano Restaurant sur les berges du lac. Retour à l’hôtel vers 18 h.

 

Jeudi 16 décembre

Lever 2h 15. Départ à 3h avec deux occidentaux et un guide pour l’ascension du volcan de Lokon. Arrivée au sommet à 4h 30. Le volcan est en activité : on voit dans le cratère de la lave, du souffre et des fumées, un beau spectacle. Descente en une heure sur l’hôtel.

Départ de Tomohon à 12h 30 pour Manado. Installation à l’hôtel le Smiling. Repos, courses, grosse bouffe au restaurant.

 

Vendredi 17 décembre

Repos, ballade dans la ville de Manado, courses, grosse bouffe au restaurant.

 

Samedi 18 décembre

Départ de l’hôtel à 11h. Attente à l’aéroport jusqu’à 15h 30, l’avion a du retard. Arrivée à Singapour vers 19h. Départ de Singapour vers 23h.

 

Dimanche 19 décembre

Arrivée à Paris à 6h 30 après 14 heures de vol.

Phil et Flo restent sur Paris. Le sac de Flo n’est pas là, c’est moins agréable d’être en tongs à Paris qu’a Manado !

Nico continu sur Toulouse. Arrivée à 9h. Encore une perte de sac. Il est heureusement récupéré le lendemain.


 

SULAWESI
SULAWESI TENGAH
 

 

 

 

 

 

 

 


L’expédition s‘est déroulée aux mois de novembre et décembre 99 dans l’état du « milieu des Célèbes », en Indonésie

 

Les Célèbes ou Sulawesi est une île de l'est de l'Indonésie, une des plus grandes îles de l'archipel malais, située à l'est de Bornéo et à l'ouest des Moluques.

 


Elle est formée de quatre presqu'îles séparées par de profonds golfes, deux de ces presqu'îles s'étendant vers le sud, les deux autres vers le nord-est. Cette formation singulière donne à l'île une côte d'environ 5 630 km de long et une superficie d'environ 189 070 km2. Le Bulu Rantekombola, un volcan en sommeil situé dans la partie sud-est de l'île, est le point le plus élevé, avec une altitude de 3 455 m. Le climat est tropical, mais quelque peu modifié par l'altitude et la proximité de la mer. On y cultive les clous de girofle, les noix de muscade, les épices, les fruits tropicaux, le maïs, le riz, le tabac et la canne à sucre. Les plantations de café ne sont pas grandes mais de qualité supérieure. Les mines exploitées sont les mines d'or, de cuivre, d'étain, de soufre, de sel, de diamants et d'autres pierres précieuses. Parmi les principales exportations se trouvent le café, les épices, le coprah, les noix de coco et le tripang, une limace de mer comestible.

Sulawesi Tengah qui signifie « Sulawesi centre » est constitué de la branche est de l’île, incluant le centre nord-est autour de la ville de Poso. La mousson y est inverse de Sulawesi Nord ou des îles de Sumatra ou de Java.

 

Histoire

Les Portugais découvrirent l'île, à laquelle il donnèrent son nom, en 1512, mais, à partir de 1607 environ, les Hollandais s'imposèrent, même s'ils n'en prirent le contrôle total qu'au XIXe siècle. Sous la domination hollandaise, l'île fut une importante province des Indes orientales hollandaises représentée par un gouvernement des Célèbes dans la partie sud de l'île et par la résidence de Manado dans le nord. La capitale du gouvernement et principal port des Célèbes fut la ville de Makassar (aujourd'hui Ujungpandang), située sur la presqu'île de Makassar, dans le détroit de Makassar. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais dominèrent l'île de 1942 à 1945. En 1946, les Célèbes furent rattachées à l'état autonome d'Indonésie orientale, une partie de la nouvelle république unitaire d'Indonésie (aujourd'hui république d'Indonésie). La population de l'île s'élève à 12 522 000 habitants (1990).

 

 


 

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